Plusieurs organismes à travers le Val-Saint-François – tout comme ailleurs à travers le Québec – ont profité hier du début de la campagne de mobilisation « Le communautaire à boutte » pour exprimer leur ras-le-bol… mais dans la bonne humeur.
Jusqu’au 2 avril, les activités régulières de nombreux organismes communautaires sont mises sur pause. Les équipes en place en profitent ainsi pour se mobiliser et défendre leur mission et les services offerts à la population, malgré des conditions de travail jugées difficiles, avec des salaires rarement à la hauteur.
La Maison de la famille Les Arbrisseaux a souligné le départ de ce mouvement de sensibilisation avec un dîner communautaire, à l’extérieur de ses locaux.
Plusieurs représentants d’organismes communautaires et citoyens ont répondu à l’appel.
« Sur le terrain, la situation est sans équivoque : les familles vivent une augmentation marquée de leur vulnérabilité et de leur détresse. Au cours des dernières années, la Maison de la Famille Les Arbrisseaux observe que les demandes de soutien ont pratiquement doublé, touchant toutes les réalités : isolement, épuisement parental, enjeux de santé mentale, précarité financière et besoins de soutien au quotidien. Les organismes communautaires sont souvent la première porte d’entrée pour ces familles — mais aujourd’hui, ils doivent en faire plus avec moins », a déclaré la directrice générale, Marie-Claude Tardif.
Michèle Laberge, agente de développement à la Corporation de développement communautaire du Val-Saint-François – qui était sur place hier midi -, appuie avec enthousiasme cette initiative.
« Nous jouons tous un rôle majeur dans notre communauté. Les gens qui œuvrent dans le milieu communautaire ont de grandes compétences, mais ils ne sont pas reconnus à leur juste valeur. J’espère que nos voix seront entendues par les élus », lance-t-elle.
Myriam Campeau, directrice des cuisines collectives Les Tabliers en folie – également présente au dîner communautaire -, espère un coup de main plus important du gouvernement du Québec.
« Avec le financement qu’on a actuellement, on fait le minimum. Avec une récurrence et une plus grande aide financière, ce serait plus facile de couvrir l’ensemble de la MRC et de poursuivre des activités telles l’aide alimentaire », souligne-t-elle.
Mme Campeau est d’ailleurs bien consciente que la grève affectera bien des gens, mais elle affirme que c’est nécessaire.
« La perte de notre tissu social est encore plus dangereuse! », clame-t-elle.
Sur sa page Facebook, le Centre d’action bénévole Valcourt et région rappelle l’importance de son implication sociale.
« Le CABVER est ancré dans son milieu depuis près de 50 ans pour mobiliser la communauté autour des enjeux qui la concernent et soutient la communauté à répondre par elle-même à ses besoins. Les besoins explosent et nous avons besoin d’un meilleur soutien de l’État pour y arriver! », soutient l’organisme valcourtois.
Réfléchir et agir
Les organismes qui participent au mouvement « Le communautaire à boutte » espèrent réellement faire bouger les choses positivement.
Le Rivage du Val-Saint-François, une ressource alternative et communautaire en santé mentale, tiendra ainsi deux activités dans ses locaux à Richmond.
Un dîner communautaire aura lieu ce jeudi 26 mars, alors qu’une activité d’information sur le mouvement de l’action communautaire autonome aura lieu le 1er avril.
« Ce n’est pas tout le monde qui comprend pourquoi on fait toutes ces revendications. Pour que la communauté ait envie d’embarquer avec nous et nous soutienne, elle doit connaître les enjeux. On veut sensibiliser les gens à la réalité que nous vivons », explique Sophie Brasset, responsable générale et des affaires administratives au Rivage.
Nathalie Boisvert, directrice générale du Centre d’action bénévole de Windsor et région, garde espoir que « Le communautaire à boutte » aura de belles retombées.
« On espère que les choses vont bouger et que les candidats lors de la prochaine campagne électorale provinciale auront le communautaire à cœur. On veut être dans leurs promesses électorales et qu’il y ait du changement », confie-t-elle.
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